• Eugène PÉCHEREAU (1898-1918)

    Eugène PÉCHEREAU (1898-1918)

    Eugène Théophile PÉCHEREAU nait le 15 juin 1898 à deux heures du soir, au lieu-dit le Marais, sur la commune de La Flotte-en-Ré. Il est le fils de Théophile Eugène PÉCHEREAU, cultivateur vigneron alors sous les drapeaux, et de Marie Joséphine RENAUD, qui se sont mariés l'année précédente.

     

    Le 13 août 1914, Théophile, le père, est rappelé à l'activité militaire par la mobilisation générale et rejoint le 138e régiment territorial d'infanterie (138e RIT).

    Le 10 avril 1915, à 14h45, dans le boyau d'accès de la tranchée voisine de la ferme de Beauséjour il est blessé dans la région lombaire par un éclat d'obus. Le Soldat Rétais du 15 juin 1915 indique qu'il est en convalescence dans sa famille.

    Il retourne ensuite au front et, en mars 1916, passe au 310e Régiment d'Infanterie (310e RI). Il changera ensuite plusieurs fois de régiments.

    Lui-même vigneron, son fils Eugène est quant à lui incorporé à compter du 2 mai 1917 au 24e Régiment d'Artillerie de Campagne (24e RAC) comme 2e canonnier servant.

    Le 23 juillet 1917, à midi, il épouse Angèle Victoria GUIGNIER au domicile des parents de celle-ci, rue de la Sauzaie, à La Flotte. Un lieu étrange pour se marier mais il faut dire que ladite Angèle a donné naissance à un petit Eugène (mon grand-père) quelques jours auparavant, le 17 juillet... Les parents des deux épousés sont présents.

    Le 3 juin 1918 Eugène est tué à l'ennemi au Tilleul de la Claux, sur le plateau de Cutry, commune de Missy-aux-Bois, près de Soissons. Le journal de marche et opérations du 24e RAC permet de connaitre le déroulement de cette journée :

    Le 3 juin, journée pénible entre toutes, le Régiment devait donner la mesure de sa ténacité et de son héroïsme... De nombreux barrages avaient été exécutés la nuit précédente mais au lever du jour le calme régnait. C'est à ce moment que l'ennemi, s'infiltrant par le ravin de Missy-aux-Bois vers la Claux prend à revers la droite la Division qui doit se replier, c'est à ce moment que l'artillerie va protéger le mouvement en se sacrifiant, si nécessaire : bien au-dessus de la préoccupation de sauver le personnel ou le matériel, elle met le souci de retarder l'ennemi : c'est un combat continu qui fait l'admiration de notre infanterie. Officiers et hommes de troupe sont convaincus que l'Artillerie est l'ossature de ce combat et que leur sacrifice est nécessaire : ils l'ont fait d'avance. Les deux groupes de Pernant opèrent par échelons comme à la manœuvre : les dernières batteries tirent jusqu'à ce que les batteries de tête soient en position et ouvrent le feu : elles attendent les dernières minutes, amènent les avant trains sous les balles et vont reprendre plus loin leur mission : à aucun moment le personnel très éprouvé par les pertes ne se départit de son calme. Les batteries usent ainsi leurs dernières munitions employant tous leurs moyens à retarder l'ennemi.

    Le groupe de Croix Ste Créande, lui, est obligé de se sacrifier : l'ennemi se présente d'abord de front ; il le prend sous son feu et raccourcit progressivement son barrage jusqu'à la crête qui le couvre. A ce moment, une section de mitrailleuses prend position sur son flanc droit. La situation est critique mais il faut tenir.

    Pour parer à cette nouvelle attaque, les mitrailleuses du groupe entrent en action et les suivants font le coup de feu : tout le personnel est à son poste et n'abandonnera la position que sur ordre. A ce moment, le 3e groupe luttant de front par le feu de ses canons et de flanc par le feu de ses mitrailleuses était superbe (témoignage de l'infanterie). Cette lutte héroïque se poursuit pendant ½ heure (8h à 8h30) jusqu'au débordement de la position par l'ennemi en force : malgré la ténacité et le courage déployés, il faut sauver ce qui reste du personnel. Les servants mettent les pièces hors d'usage, les officiers font distribuer les cartouches des bandes de mitrailleuses, déploient le personnel en tirailleurs et se replient en combattant sur la crête de la cote 150. Le personnel est très en main et garde tout son calme sous les balles. En arrivant à la crête il s'établit sans ordre en soutien d'un groupe du 215e (?) artillerie et fait le coup de feu, facilitant le retrait de ce groupe. L'épisode de la défense du 3e groupe, loin d'être une tache pour le régiment, constitue un fait d'armes exemplaire.

    Jusqu'à la nuit, trois batteries se maintiennent sur la rive Est du ravin de Laversine ayant à dos le ravin et en face d'elles, à 1000 m, un ennemi entreprenant, mais ils font faire tête quels que soient les risques. Telle fut la journée du 3 juin où la préoccupation constante du 24e fut de faire tête à l'ennemi. Cette mission de sacrifice si bien comprise et si bien exécutée lui a valu des pertes douloureuses qu'il aurait pu éviter s'il s'était simplement replié, mais son attitude a contribué dans une large mesure à enrayer l'avance ennemie ».

     

    Le nom d'Eugène PÉCHEREAU est inscrit sur le monument aux morts de la Flotte, ainsi que sur la plaque commémorative de l'église.

     

    Sources :

    Fiche matricule : AD17 - Registres matricules - 1 R 467 - Classe 1918 - La Rochelle, vue 60

    Fiche Mémoire des Hommes : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/m005239fb0db8b93/5242bfb18d142

    Historique du 24e RAC : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6358322d.r=.langFR

     

     

    « Fernand PENAUD (1894-1918)Tararoé HAMADY (1892-1917) »

    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment



    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :